25 juillet 2008
L'Eboueuse se prend pour Lucy Spiller
Désolée les gens, c'est du réchauffé que je vous sers. Toujours pas internet au boulot, et pas une minute à moi (ni à personne d'autre d'ailleurs). Entre le boulot, le mag qu'il faut boucler, mes lectures, la paperasserie, les anniversaires en série, je ne trouve plus le temps d'écrire mes pensées, mes doutes, mes espoirs ici.
Je vous avoue que le rythme est un peu trop intensif pour moi et que je me sens au bord de la rupture. Ce matin, j'ai passé une heure entre les mains de mon nouveau coiffeur. Moi qui suis habituée aux coiffeuses, c'est assez troublant de sentir les mains d'un homme virevolter autour de son visage... Et le 12, putain, le 12, je prends le train pour aller me faire déboucher les chakra par le Marabout d'Ficelle: youhou! Bref, pour tenir le coup, je n'oublie pas de me faire un peu chouchouter.
Le magazine est en passe d'être terminé. C'est pas pour me vanter (et puis si tiens, je me vais me vanter, en bonne grosse égocentrique que je suis!) mais ce mag parodique est un petit bijou. Il y a tout dedans: des reportages, des analyses de look, un horoscope, des pubs bidons, comme dans un vrai. Le tout agrémenté de moult bidouillage photoshopiques plus ou moins heureux. Bref, tout le monde s'en branle, mais je suis fière de moi et j'ai hâte de faire circuler mon boulot!
23 juillet 2008
Sauvetage érotique
Des larmes hier soir : « bouhou, je suis nulle, je
suis bonne à rien, j’ai raté ma vie… » Selon Charming, c’est des
conneries, ma vie ne fait que commencer. J’ai plutôt l’impression d’avoir pris
un faux départ…
Aux grands maux les grands remèdes. Plan d’attaque pour la
resexualisation de notre jeune couple : interdiction formelle de me servir
d’une pince à épiler devant Charming, lavage des pieds matin et soir, entretien
draconien des ongles de pieds + 120 euros dépensés chez Orcanta (déshabillé de
satin, pyjama en dentelle, bas de soie et moult tangas). On arrête de
pleurnicher, on reprend ses diverses activités avec entrain, et on avance
bordel, on avance !
Le magazine people est presque terminé. Je suis en train de
bidouiller 2 pubs débiles à souhait et de finaliser les montages photoshop pour
l’horoscope… ça promet ! J’attaque mon cinquième livre en vue de mes
prochaines chroniques. Il fallait résolument que j’apprenne à lire plus vite.
Alors je saute des lignes et des pages sans vergogne, un vrai sacrilège pour
moi. En même temps, en deux pages, on peut jauger si un livre est potable ou
non.
Bref, le rythme est intense, je traîne un peu la patte, mais
je garde courage en pensant au massage qui m’attend le 12 août… ça va trop me
faire du bien après ces derniers mois, aussi éprouvants que passionnants.
22 juillet 2008
Débâcle hormonale
Et c’est reparti pour la valse des hormones ! Hier
matin, j’ai été prise d’un violent manque de Charming, j’avais envie de lui
faire des câlins jusqu’à l’étouffer. Ce matin, je me suis réveillée triste. Les
larmes se sont mises à couler sans raison.
Charming me trouve d’un pessimisme noir ces derniers jours.
Je me suis mise en tête de rapatrier mes comptes à Lyon, mais pas dans une agence
locale, car je déménage chaque année et que je n’ai pas envie de me taper ce
cirque à chaque fois. Je parle sans arrêt de ces déménagements, j’insiste pour
que chaque meuble – chaise, canapé, poubelle… – soit financé par l’un de nous
deux et non pas avec le compte commun, de manière à ce qu’en cas de séparation,
la redistribution des biens se fasse sans encombre. Je vous l’avoue, je n’y
crois pas. Je n’y crois pas à cette relation. Cela fait seulement 8 mois que
nous sommes ensemble, et déjà, nous ne baisons plus qu’une fois par semaine. Je
préfère me creuser un ulcère plutôt que de penser au sexe désormais, et je vois
avec désespoir ma joyeuse libido s’étioler peu à peu. Le quotidien est doux, je
ne dis pas le contraire. La cohabitation se déroule bien, nous formons une
excellente équipe. Partenaires, mais pas passionnément amoureux. Charming ne me
fait pas vibrer, et moi non plus, je ne le fais pas vibrer.
Je me raccroche au bon sens : « l’appétit vient en
mangeant », « aide-toi et les ciel t’aidera ». Je m’efforce donc
de ne pas trop m’apitoyer sur mon sort, de soigner ma lingerie et mon
épilation, de surveiller un peu mon poids (dont je n’ai, soit dit en passant,
strictement plus rien à foutre. Etonnant pour une ancienne boulimique), de
rester active, positive, bouillonnante d’idées et de projets. Bref, je
m’efforce de faire envie. Mais mon nouveau déshabillé de soie comme ma
combativité laissent Monsieur de glace. J’abandonnerais tous les salaires et
toutes les formations du monde pour l’entendre de nouveau chuchoter à mon
oreille « putain, j’ai envie de toi » en empoignant mes fesses avec
fièvre.
Je vois les autres autour de moi – A., qui vit le bonheur
parfait avec son homme, V. amoureuse de G. comme au premier jour – et je les
envie. Je me demande ce qui cloche avec moi. Cet amour-là, j’ai réussi à le
vivre avec le DJ, alors pourquoi je n’y arrive plus ? Quelle mollette
s’est cassée, quelle batterie s’est épuisée, où s’est logé le hic ?
Je vois mes amies construire leur vie à deux, chercher une
maison à acheter, prévoir des fiançailles, des enfants… et moi je ne construis
rien. Pire que ça, je ne me sens absolument pas prête à construire.
L’immobilier m’effraye, je me sens incapable d’assumer un enfant – ce qui
implique de perdre sa liberté et de multiplier la paperasse par 5, mon
cauchemar. L’engagement, houla ! l’engagement me fait peur, voilà, c’est
dit. Avec Charming, soudain, oui, il me fait peur. Il me manque dans le sang
cette hormone qui ramollit le cerveau et dissout les angoisses. J’ai l’esprit
clair, et l’angoisse de me retrouver piégée.
17 juillet 2008
Serial Birthday Planner
Bon ben voilà, un anniversaire de plus au compteur.
La surprise de Charming a été un beau fiasco. Jusqu’au dernier moment, il ne s’est douté de rien, mais les choses ne se sont pas exactement déroulées comme prévues... V. l’a tenu à l’écart en lui faisant monter une commode Ikéa, tandis que je gonflais des ballons avec l’Allemande et son copain. Charming est rentré plus tard que prévu, sans la pauvre V. qui a été obligée de le suivre en métro ! Mon frère et sa copine sont arrivés en retard, l’Allemande et son copain ont eu l’air de s’ennuyer, le pain des hamburgers était brûlé et j’avais acheté trois fois trop de bouffe, si bien qu’on n’a pas pu ranger toutes les bouteilles d’alcool entamées dans notre bébé frigo.
Charming n’avait pas l’air plus content que ça, alors qu’il a été super gâté. Ma sœur – en pleine tentative de rupture avec son amant – n’arrêtait pas de dire que Charming avait vraiment de la chance qu’on lui organise un anniversaire surprise… bref, je me sens légèrement obligée de lui organiser une soirée dans un karaoké 3 mois après son anniversaire pour lui redonner un peu de baume au cœur. Je sais, je sais, c’est moi qui m’oblige toute seule, mais c’est ma sœur, quoi.
Ce soir, rebelotte, on reçoit encore à la maison. A., de passage à Lyon, que j’ai rencontré par pur hasard en pleine rue mardi dernier. Ainsi que V., qui se retrouve toute seule car G. est en déplacement. Lasagnes au menu, pour finir les restes de viande hachée, d’oignons et de fromage.
Et ce weekend, encore un anniv’ de prévu. Deux jours à picoler et à manger comme des trous…
J’en peux plus. Je bouffe trop, j’ai grossis, je supporte
plus mes grosses cuisses flasques. J’ai sommeil, je suis crevée, j’ai envie de
faire de l’exercice, et j’ai envie qu’on s’occupe un peu de moi maintenant.
C’est décidé : la semaine prochaine, coiffeur, massage, et je laisse
Charming faire la vaisselle !
11 juillet 2008
La chaîne
Ca sent l'amour partout. Ca vibre dans l'air. Je me sens prise dans un réseau de tendresse bienveillante, je prends soin des autres, et les autres prennent soin de moi. On s'organise des anniversaires, des surprises, on réfléchit à des cadeaux, à des soirées, à des vacances.
G. et V. sont venus manger à la maison hier. L'impression d'être un agent double: à G., j'ai discrètement montré les premières pages du faux magazine people réalisé pour V., et je lui ai fait signer la MagicBox de Charming. Tandis qu'avec V., j'ai mis au point quelques détail pour l'anniversaire de Charming. Dîner très agréable, agrémenté des herbes aromatiques que Charming fait pousser sur la terrasse. Nous nous sommes remémorés les meilleurs moments de l'anniversaire de V., nous avons parlé des amis que nous avons rencontrés à l'occasion, d'architecture intérieure, d'avenir, etc.
Une soirée prévue avec l'Allemande, son copain et Charming. Etant donné que la semaine dernière on n'a pas pu se voir pour piapiater en faisant du roller, on a décidé de se faire une before entre filles, afin de pouvoir bavarder tout notre saoul en attendant que les garçons arrivent.
Suis passée à l'Afpa. Une véritable expédition sur les terres hostiles de Vénissieux. Mon dieu, il va falloir traverser ces coins glauques tous les jours pendant 10 mois!
En revanche, pas de nouvelles des éditrices. Je crois que le mail où je leur expliquais que mon poème suivait une cohérence très précise, qu'il serait périlleux de bouleverser, ne leur a pas plu. Tant pis. Je me ferai éditer ailleurs. J'aime pas leurs partis pris passéistes de toute manière!
09 juillet 2008
Chemin de travers
Je vous avoue que je me marre. Je me marre en découpant une
fausse MagicBox dans un carton et en y peignant des Hamtaro à la gouache. Je me
marre en mettant en page la couv’ d’un faux magazine people pour V. Je me marre
en imitant le style de Closer. Je me marre en rédigeant des articles débiles et
un horoscope bidon, ou en saturant ma pauvre maquette réalisée sous Word de
titres racoleurs inscrits dans des étoiles rose criard. Je me marre en
bavardant avec l’Allemande, qui se fout de tout maintenant qu’elle a décroché
un putain de nouveau job (décidément, toutes mes amies ont le vent en poupe…
pas étonnant : elles sont trop fortes !) Je me marre en racontant des
conneries à Charming. Je me marre en pensant à tout ce qui a bougé cette année,
à tout ce qui va encore bouger. A tout ce qu’il reste à expérimenter, à
inventer, à organiser.
Je me rends compte que pour une fille qui déteste les
mensonges et les non-dits, pour une fille qui craint les illusions par-dessus
tout, et qui recherche – éperdument – l’authenticité en toute chose, eh bien
pour une fille comme moi, je suis vachement douée pour faire semblant, pour
faire comme ci, pour de faux. La parodie est un genre qui me va à ravir. Comme
le bernard-l’ermite, je me glisse dans les coquilles vides, j’y creuse mon
trou, je fais comme chez moi, j’emprunte les codes et je me les approprie. Je
n’invente rien, jamais. Non, mon imagination ne va pas jusque-là ! Mais je
recycle.
Je ne révolutionnerai jamais le monde, ça c’est sûr. Mais en attendant, dans
mon petit coin, je me marre.
08 juillet 2008
Une journée sans
Ce matin, j'ai passé 2h30 à m'escrimer sur les filtres encrassés de mon ancien appart et à respirer des nuages de produits ménagers. J'ai maudit mes propriétaires, leur nouvelle régie et les prochains locataires sur 10 générations. J'espère qu'il y en aura au moins un qui se pètera le bras.
Impossible de joindre qui que ce soit à l'Afpa: ça sonne dans le vide, ou on tombe sur des messageries (toutes saturées). Je n'ai toujours pas reçu mon dossier AISF, et pire, je ne suis toujours pas certaine que mon inscription ait été enregistrée, ce qui commence à me mettre les nerfs à vif.
Pour couronner le tout, je crois bien que j'ai ENCORE perdu mon permis de conduire (qui est déjà un duplicata). Et c'est reparti pour de nouvelles démarches administratives. Ca m'apprendra à bourrer mes affaires pêle-mêle dans mon sac et à les semer dans la rue (en fait non, ça m'apprendra rien du tout, comme d'habitude).
C'est bête, toutes ces conneries sont en train de gâcher ma précieuse journée de repos. Au lieu de me détendre, je m'inquiète, je m'énerve, je pleurniche. J'ai du mal à me concentrer sur le faux journal people de V., alors qu'il y a encore peu, j'étais ravie de pouvoir de nouveau exercer mon ancien boulot et de pouvoir m'entraîner à mon futur (même pour de faux). Pas envie de me coltiner la peinture de la MagicBox de Charming. Je n'arrive même pas à me réjouir de la potentielle publication d'un de mes poèmes dans une revue spécialisée (je devrais pourtant être hystérique, même si l'on me demande d'en modifier la moitié!)
Bon allez, tant pis, je repousse tous les impératifs qui m'emmerdent à plus tard. J'ai déjà assez donné pour aujourd'hui avec l'appart. Je m'occuperait de tout ça quand je serai reposée (oui, je suis la reine de la procrastination. Et alors?!)
07 juillet 2008
Fin de semaine
Vendredi soir, nos 3 semaines de préparatifs sont enfin arrivées à leur terme. Quelques petites approximations, quelques instants de flottement, deux invités en retard… mais globalement, l’anniversaire de V. s’est déroulé selon nos plans. Afin de m’entraîner à ne pas tout garder sous contrôle et de m’obliger à laisser plus de liberté à chacun, j’ai délégué certaines tâches dont j’avais préalablement défini le cadre. J’ai passé la soirée dans l’ombre, cachée derrière mon appareil photo. J’ai été surprise de constater que malgré mon ego goitreux, je ne souffrais pas de voir G. et A. s’attribuer tous les crédits de la fête. Je le confesse : cet anniversaire, si je m’y suis tant investie, ce n’est pas tant par tendresse pour V., dont je suis loin d’être l’amie la plus proche. J’y voyais plus un défi, une manière de me pousser à développer des idées rigolotes et de me prouver que je suis capable d’organiser un événement de A à Z. J’ai fait mes preuves, j’ai fait sauter le verrou d’un doute supplémentaire, me voilà donc à même de passer au prochain level, c’est tout ce qui m’importe.
Samedi fût sans conteste une journée merdique. J’ai passé ma
pause déjeuner à m’exciter au téléphone avec ma proprio, tandis qu’un oiseau en
profitait pour me chier dans le dos ! Elle a trouvé de nouveaux locataires
pour mon appartement. Mais l’on exige que je reprenne certains points de ménage,
comme les joints de la cuisine, l’encadrement des portes ou les bouches d’aérations,
sinon la régie se verra contrainte de faire appel à une société de ménage dont
les frais seront naturellement ponctionnés sur ma caution. Je suis restée sur
le cul ! Le ménage, je l’ai déjà fait 3 fois dans mon appart avant de le
quitter. Je l’ai rendu plus propre que lorsque j’y ai emménagé. J’ai nettoyé des
trucs que la grande majorité des locataires ne se donne jamais la peine de
nettoyer. Et l’on exige encore de moi que je frotte des endroits où personne ne
regarde jamais ! Mais qu’est-ce que c’est que ces gens qui n’ont rien
d’autre à foutre que de faire chier les autres pour des détails à la con. Ca me
sidère ! D’autant plus que je sais très bien qu’ils referont le ménage
derrière moi. Chaque fois que j’ai loué un appart, il n’était pas forcément
impeccable, et pourtant, ça ne m’a pas tuée de faire un peu de ménage, je n’ai
pas pleuré parce que les interrupteurs n’avaient pas été javellisés.
Bref, ça me fait bien chier, mais me voilà repartie pour 3 heures de ménage
dans un studio où je ne vis plus depuis des mois, sans aucune garantie que ma
caution (qui s’élève mine de rien à 900 euros) me soit rendue intégralement.
Heureusement, la journée de dimanche fût douce et apaisante. Levés à midi, du sexe sur notre nouveau clic-clac, quelques chapitres de lecture, rédaction des premières pages du faux magazine people dans lequel seront mises en scène les photos prises vendredi, un beau film (Je vais bien, ne t’en fais pas). Charming a fait les ourlets des rideaux avec une admirable précision. Le pauvre, ces derniers temps, c’est lui qui se tape toutes les tâches ménagères parce qu’après avoir passé ma journée à nettoyer les vitrines et ranger des housses de coussins, je n’ai qu’une envie : m’adonner à des activités purement intellectuelles. Par souci d’équité, il va vraiment falloir que je rééquilibre cette tendance.
03 juillet 2008
Eclaircie
Une éclaircie, après le déluge.
J'ai pris l'eau pendant ma pause déjeuner. Par les pieds, comme une fleur. Sauf que tout l'après-midi, je n'ai pas vraiment exhalé un parfum de rose, mais plutôt une infecte odeur de clodo. J'avais honte!!!
Mes rayons de soleil:
_une peluche Hamtaro gagnée sur Ebay
_une livre à recevoir
_un test de rédaction réussi... youhou!
Alors oui, je me regarde vivre. Je me regarde écrire. Je m'écoute parler. Je vis le nez collé contre mon nombril. C'est un défaut haïssable, qui en agace et en agacera plus d'un. Mais curieusement, alors que je suis toujours prompte à m'en vouloir, à me détester, à me mépriser, curieusement pour une fois, je m'en fous de l'avoir ce défaut. Je n'ai pas envie de me haïr, ni d'avoir honte de ce que je suis.
Je sais qu je m'améliore, tout doucement.
Il pleut, c'est malheureux il pleut
Triste, triste jour de pluie.
Il ne risque pas d’y avoir grand monde au magasin. Je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou pas. La journée risque d’être mortellement ennuyeuse. Je vais encore passer 8h à errer d’une pile de rideaux à une autre et à replier chaque housse de coussin dans le même sens, en m’efforçant d’oublier mes talons douloureux et la tendinite qui menace mon pied gauche.
